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Le monastère de Cozia vu de l’extérieur
Église et monastèreValachie et Olténie

Monastère de Cozia : l’église fortifiée de Mircea l’Ancien

Le monastère de Cozia (Mănăstirea Cozia) s’élève sur la rive droite de l’Olt, près de Călimănești, dans le județ de Vâlcea en Roumanie. Fondé par le voïvode Mircea l’Ancien à la fin du XIVe siècle, c’est l’un des grands ensembles monastiques médiévaux du pays, encore habité par des moines et lieu de repos de son fondateur.

Cozia fut bâti pour prier et pour garder un passage de montagne, et on le fortifia comme un château. Son premier nom était simplement Nucetul, « la noyeraie ».

OùSur la rive droite de l’Olt, près de Călimănești, județ de Vâlcea
TypeMonastère orthodoxe à enceinte fortifiée, fondé en 1387–1391
Idéal pourFresques médiévales, architecture religieuse valaque et tombeau de Mircea l’Ancien
AccèsAu bord de l’Olt et de la route DN7 ; le monastère de Horezu et la citadelle de Poenari sont chacun à environ 27 km, le monastère de Curtea de Argeș à environ 31 km

L’histoire du monastère de Cozia

Cozia s’élève sur la rive droite de l’Olt, en un lieu d’abord nommé Nucetul, la noyeraie. Le voïvode Mircea l’Ancien, qui régna sur la Valachie de 1386 à 1418, fit bâtir entre 1387 et 1391 l’église de la Sainte-Trinité. Elle fut consacrée en 1388 et peinte en 1390–1391. Selon la légende, elle s’éleva près d’un monastère plus ancien de Negru Vodă. Le site, au bord de la rivière et sur la voie de passage des Carpates, fut choisi pour la défense autant que pour la prière ; on l’entoura donc de murs épais, comme ceux d’un château.

L’église est de plan triconque et construite en assises alternées de pierre et de brique. Ses façades, ornées de rosaces de pierre et de hauts cadres verticaux, étaient une nouveauté dans l’architecture valaque et relèvent de l’école serbe de la Morava ; la forte ressemblance avec l’église de Lazarica, en Serbie, laisse penser que Mircea fit venir des artisans serbes. Il dota aussi le monastère de villages et du droit d’extraire du sel à Ocnele Mari. Des chartes princières montrent qu’une école monastique fonctionnait dès 1415, et Filos, scribe à la cour de Mircea, est considéré comme le premier poète roumain.

Les princes suivants ne cessèrent d’ajouter de nouveaux éléments. Sous Neagoe Basarab, les peintures furent renouvelées entre 1512 et 1521. En 1543, Radu Paisie fit élever la petite église de l’infirmerie, la bolnița des Saints-Apôtres, dont les fresques des peintres David et Raduslav comprennent un portrait votif de Mircea et de ses fils. En 1706–1707, Constantin Brâncoveanu dota l’église principale d’un porche ouvert de style brâncovenesc, avec une fontaine, une chapelle et une tour de guet. Pendant l’occupation autrichienne de l’Olténie, le monastère servit de solide place forte.

Le XIXe siècle et le début du XXe furent plus rudes. De 1879 à 1893, les autorités transformèrent Cozia en prison, ce qui provoqua en 1882 un article virulent de Mihai Eminescu ; ce fut plus tard aussi un hôpital, et pendant la Première Guerre mondiale l’église servit d’écurie. Le 15 mai 1938, les restes de Mircea l’Ancien furent solennellement réinhumés ici, en présence du prince héritier Michel et de l’historien Nicolae Iorga. Une restauration financée par l’État commença en 1958. Aujourd’hui, Cozia est un monument protégé et surtout un monastère vivant.

Curiosités sur le monastère de Cozia

  • Le nom Cozia vient de la montagne voisine et d’une origine coumane, du mot turc koz, « noix ». Il fait écho au premier nom du monastère, Nucetul, « la noyeraie ».
  • La dalle de pierre porte l’année 6809, soit 1301, mais les historiens s’accordent à y voir une erreur : l’inscription peinte à l’intérieur donne la bonne année, 6894, soit 1386.
  • Le voyageur Paul d’Alep nota au XVIIe siècle que le nom Cozia signifiait « forteresse de terre » à cause des montagnes alentour.
  • En janvier 1999, pendant les troubles des mineurs connus sous le nom de Mineriad, le Premier ministre Radu Vasile conclut à Cozia un accord avec Miron Cozma, resté célèbre comme la « paix de Cozia ».
  • Des poètes comme Dimitrie Bolintineanu, Ion Pillat et Grigore Alexandrescu ont écrit des vers sur Cozia, et le monastère figure sur un timbre roumain de 1968.
  • Le portrait de Stroe, l’administrateur de Cozia, dans l’église bolnița est considéré comme l’une des premières œuvres réalistes de l’art roumain.

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Visiter le monastère de Cozia : que voir

  • L’église de la Sainte-Trinité est le cœur de la visite : observez les rosaces de pierre, les bandes de brique et de pierre des façades et le porche ouvert ajouté en 1707.
  • La petite église bolnița des Saints-Apôtres, en dehors de la cour principale, conserve des fresques du XVIe siècle bien préservées, dont le portrait votif de Mircea l’Ancien et de ses fils.
  • Deux chapelles à coupole sont intégrées dans le mur côté Olt, et leurs coupoles se reflètent dans l’eau.
  • Un petit musée présente des icônes du XIVe au XIXe siècle, des textiles liturgiques, de vieux manuscrits et des livres imprimés.
  • Cozia est une communauté monastique active : visitez-la avec discrétion et vérifiez les horaires d’ouverture actuels avant de partir.

Les horaires, l’accès et les conditions peuvent changer. Vérifiez avant de partir.

Carte : situation de Monastère de Cozia

Carte : © contributeurs OpenStreetMap

Photos : Monastère de Cozia

Monastère de Cozia, vue 1
Photo: CristianChirita, CC BY-SA 3.0 ro, via Wikimedia Commons
Monastère de Cozia, vue 2
Photo: Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
L’église bolnița des Saints-Apôtres à Cozia
Photo: Leontin l, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Le monastère de Cozia près de Călimănești
Photo: Leontin l, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Le monastère de Cozia sur l’Olt, seconde vue
Photo: Leontin l, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Questions

Où se trouve le monastère de Cozia ?

Il s’élève sur la rive droite de l’Olt, près de la ville de Călimănești, dans le județ de Vâlcea, le long de la route DN7, en Valachie.

Qui a fondé le monastère de Cozia ?

Le voïvode Mircea l’Ancien de Valachie. L’église de la Sainte-Trinité fut bâtie entre 1387 et 1391 et consacrée en 1388.

Mircea l’Ancien est-il enterré à Cozia ?

Oui, le monastère abrite son tombeau, et ses restes y ont été solennellement réinhumés le 15 mai 1938.

Qu’a de particulier l’architecture du monastère de Cozia ?

Les façades de l’église, avec rosaces de pierre et assises alternées de pierre et de brique, suivent l’école serbe de la Morava, une nouveauté en Valachie. Un porche brâncovenesc et une église plus petite ornée de fresques ont été ajoutés plus tard.

Le monastère de Cozia est-il toujours en activité ?

Oui, il reste une communauté monastique active et un lieu de pèlerinage, ainsi qu’un musée d’art religieux.

Que voir près du monastère de Cozia ?

Le monastère de Horezu et la citadelle de Poenari sont chacun à environ 27 km, et le monastère de Curtea de Argeș à environ 31 km.

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